
Par Eléonore de Croy
En cette fin d'octobre, la lumière baisse, les feuilles tombent, le vent se lève, et le calendrier nous ramène à la Toussaint et aux fêtes des morts. Ce n'est pas un hasard : dans de nombreuses traditions, c'est à cette période que l'on se tourne vers celles et ceux qui nous ont précédés, ou quittés. La nature se retire, se dépouille, laisse partir. En Ayurvéda, cette saison porte un nom, Sharat Ritu : c'est le temps de Vata, le principe du mouvement, de l'air et de l'espace. Voici comment nous l'accueillons avec douceur, au Centre Ahimsa, dans notre ancien moulin au coeur de la vallée de la Bièvre.
L'Ayurvéda décrit trois grands principes, les doshas : Vata, Pitta et Kapha. Vata est formé d'air et d'éther (l'espace). Il est mobile, léger, sec, froid et subtil, et il gouverne tout ce qui bouge en nous : la respiration, la circulation, le système nerveux, les pensées qui vont et viennent, mais aussi l'élimination.
L'automne a des qualités similaires. Les journées deviennent plus fraîches et plus sèches, le vent s'invite, la nature se vide de sa substance matérielle, se dépouille. Quand l'environnement ressemble à Vata, Vata augmente en nous. Beaucoup de personnes ressentent alors :
une agitation mentale, des pensées qui s'éparpillent
des difficultés d'endormissement ou un sommeil léger
une peau et des lèvres plus sèches, des articulations plus raides
un besoin de chaleur, de régularité et de réconfort
une sensibilité émotionnelle plus vive, de l'inquiétude ou de la mélancolie
Il n'y a rien d'anormal à cela, c'est un signal qui nous invite à l'intériorité. L'Ayurveda nous invite à compenser par l'opposé, c'est-à-dire par le chaud, l'huileux, le stable et le régulier, ainsi que par l'introspection.
Cette période de l'année est un passage que chacun célébre à sa façon.
Samhain (31 octobre – 1er novembre), tradition celtique. C'était la fin de la saison claire et le début de la saison sombre. On disait que le voile entre le monde des vivants et celui des morts devenait alors plus mince, et que les défunts pouvaient se rapprocher des foyers.
La Toussaint (1er novembre), tradition chrétienne. Fête de tous les saints, installée au Moyen Âge à cette date, qui vient de l'ancien calendrier celtique.
Le jour des défunts (2 novembre). Il a été instauré à l'abbaye de Cluny autour de l'an mille, pour prier pour tous les morts, connus ou oubliés. En France, c'est l'origine de l'habitude de fleurir les tombes de chrysanthèmes à cette période.
El Día de Muertos (1er et 2 novembre), Mexique. Fête joyeuse et colorée : on dresse des autels (ofrendas) avec photos, bougies, fleurs de cempasúchil, pain des morts et plats préférés des disparus. La mort y est une présence familière, qu'on accueille avec affection.
Pitru Paksha, tradition indienne. Chaque année, pendant une quinzaine de jours au changement de saison, selon le calendrier lunaire, on honore les ancêtres (les pitrs) par des offrandes d'eau, de riz et de prières. L'idée est la même : entretenir un lien de gratitude avec la lignée dont nous venons.
Ces rites, bien que différents, disent tous la même chose : nous ne sommes pas seuls dans le temps. Nous venons de quelqu'un, d'une lignée, et ce lien ne s'éteint pas.
Il y a, à l'automne, quelque chose que l'on ne sait pas nommer. Ni tout à fait l'été, ni encore l'hiver. Ni le plein, ni le vide. C'est un temps de passage, de brume, de seuil. Cet indéterminé est la couleur propre de Vata : tout y est mouvant, rien n'est encore fixé.
Toutes les traditions évoquées plus haut ont placé le monde des morts précisément dans cet entre-deux : un lieu sans contours, ni ici ni là-bas, que l'on ne peut pas définir mais que l'on ressent. Le seuil n'est pas un vide à combler, c'est un espace où quelque chose peut être entendu.
Cet entre-deux peut être inconfortable. On s'y sent parfois flottant, sans prise, avec l'impression que les repères se dérobent. Il peut aussi être très fécond. C'est dans ces moments de flou que l'on fait le tri : ce que l'on garde, ce que l'on laisse partir, ce qui demande à naître. C'est le moment de faire du rangement dans sa tête et dans ses tiroirs.
Parler à ses morts n'a rien d'étrange. Dans toutes les cultures, on le fait à voix haute ou en silence, devant une photo, une tombe, une bougie. Ce que l'on appelle « communication avec les ancêtres » prend des formes très différentes selon les croyances : certains y voient une présence réelle, d'autres un dialogue intérieur, d'autres encore une façon de rester fidèle à une histoire, à des valeurs, à un héritage.
Quelle que soit la façon dont on le vit, ce moment est souvent émouvant, parce qu'il nous ramène à l'essentiel. On s'y arrête, on se tait, on écoute ce qui remonte : un souvenir, une odeur, une phrase de grand-mère, un geste que l'on reconnaît dans le sien. C'est un temps d'intériorité profonde, qui demande du calme et de la douceur.
C'est aussi, pour Vata, un terrain sensible. Cette énergie fine et mobile capte beaucoup, et l'émotion peut devenir envahissante : gorge serrée, sommeil léger, pensées qui tournent. D'où l'importance de se donner, en même temps, des appuis solides.
En Ayurvéda, le remède central de Vata est l'oléation, l'application d'huile chaude : nourrir, réchauffer et envelopper le corps avec de l'huile. C'est la logique de l'abhyanga, le massage ayurvédique à l'huile, qui est l'un des soins de référence en automne.
Pourquoi est-il si adapté ?
Il apaise le système nerveux. Le toucher lent, régulier et chaud invite le corps à ralentir. La respiration s'allonge, les épaules descendent, l'esprit ralentis.
Il rassure. Vata a besoin de se sentir contenu et en sécurité. Les mains, la chaleur de l'huile et le rythme du massage donnent exactement cela.
Il nourrit ce qui est sec. Peau, muscles, articulations : l'huile redonne de la souplesse et du confort.
Il réconforte. Un massage fait du bien, tout simplement. Et ce bien-être est précieux quand le cœur est lourd : on y retrouve parfois, après quelques séances, le sourire et l'envie de se laisser aller.
L'Ayurvéda considère le massage comme un grand soutien en cas d'anxiété, de mélancolie ou de surmenage nerveux, parce qu'il agit à la fois sur le corps et sur l'état intérieur. Il ne remplace évidemment pas un suivi médical ou psychologique lorsque la détresse est importante ou durable, mais il peut l'accompagner, et surtout il permet de se sentir de nouveau un ancrage dans son corps. C'est pourquoi nous recommandons, en cette saison, de se faire masser régulièrement : un rendez-vous avec soi-même, pour tenir le cap des mois sombres.
Pour traverser ce passage de la Toussaint, Julien, masseur et magnétiseur, est de nouveau présent au Centre Ahimsa pour l'un de ses passages réguliers, en cette période où l'on a particulièrement besoin de douceur. Il vous accompagne avec le magnétisme et des soins de massage pensés pour accueillir à la fois le corps et ce que l'on porte à l'intérieur.
Le massage du cœur. C'est un soin d'écoute et de présence, qui s'adresse à celles et ceux qui ont le cœur lourd : un deuil récent ou ancien, une absence, une période de fatigue émotionnelle. Il permet d'apaiser le cœur dans un ressenti de sécurité profonde, ce sentiment de se sentir enfin tenu, soutenu, en paix.
Le massage à l'huile chaude, lent et profond. Fidèle à l'esprit de l'Ayurvéda, c'est le soin idéal de la saison de Vata. La chaleur de l'huile et la lenteur des gestes aident à dénouer les tensions et les douleurs installées, et à faire circuler l'énergie là où elle reste bloquée. Le corps se relâche, le système nerveux s'apaise, et l'on repart souvent plus léger, plus ancré, avec un vrai sourire retrouvé.
Le magnétisme. Il accompagne ces soins par un travail énergétique, pour apaiser et rééquilibrer en douceur. Il s'ajoute à votre suivi habituel et ne le remplace pas.
Ces soins sont un beau cadeau à vous faire, pour vous ou pour offrir, à l'approche des jours dédiés à la mémoire : un temps où l'on se pose, où l'on se sent protégé et où l'on peut déposer ce qui est trop lourd.
Pour réserver votre séance, contactez le Centre Ahimsa 01 78 85 39 16, ou réservez en ligne www.ahimsa.fr
1. Retrouver de la régularité. Se lever, manger et se coucher à des horaires proches chaque jour : c'est le meilleur remède contre la dispersion.
2. Manger chaud, cuit et nourrissant. Soupes, veloutés, céréales complètes, légumes racines, fruits cuits, épices douces comme le gingembre, la cannelle, la cardamome ou le cumin.
3. Boire des boissons chaudes. Infusion de gingembre frais, thé ayurvédique, lait chaud aux épices avant de dormir.
4. S'auto-masser à l'huile tiède. Quelques minutes le matin ou avant la douche, sur les pieds, les jambes, le ventre et les épaules, suffisent à vous réchauffer.
5. S'ancrer par le corps. Marche lente, yoga doux, postures au sol, pieds nus sur la terre quand c'est possible.
6. Respirer plus lentement. Quelques minutes de respiration profonde, avec une expiration un peu plus longue que l'inspiration.
7. Se protéger du froid et du vent. Écharpe, bonnet, chaussettes chaudes : en Ayurveda, on garde la tête, le cou et les pieds bien couverts.
À adapter librement :
Choisissez un moment calme, en fin de journée, quand la lumière baisse.
Allumez une bougie et placez à côté une photo, un objet, une fleur.
Dites à voix haute, ou intérieurement, le prénom de la personne que vous honorez.
Prenez quelques respirations lentes. Laissez venir ce qui vient : un souvenir, une larme, un sourire.
Terminez par une boisson chaude bue doucement, en gratitude. Le lendemain, offrez-vous un moment de soin, un massage ou un bain chaud, pour accompagner l'émotion.
Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de faire. L'important est de se donner un espace, de laisser de la place à ses émotions.
Cette période invite au repli, à la douceur et à l'écoute. Le Centre Ahimsa, installé dans un ancien moulin à Verrières-le-Buisson, offre un cadre naturel et calme, propice à ce ralentissement. On peut y composer une parenthèse sur mesure : les soins de Julien, de retour pour l'un de ses passages réguliers, un massage ayurvédique pour se réchauffer et se détendre, une séance de yoga pour se réancrer, une consultation pour comprendre son profil, puis une pause dans le jardin.
Notre équipe est là pour que chacun trouve l'accompagnement qui lui convient, à son rythme et dans le respect de ce qu'il traverse.
Cette belle tradition mexicaine, nous avons envie de la partager avec vous. Le 1er novembre, Mariela organise une fête des morts au Centre Ahimsa, pour célébrer ensemble la mémoire de ceux que l’on aime, dans la joie et la chaleur plutôt que dans la tristesse.
Au programme :
La découverte de la tradition. Mariela vous raconte ce que représente le Día de Muertos au Mexique : une fête où l’on invite les défunts à revenir, où l’on dresse des autels avec photos, bougies, fleurs et douceurs, et où l’on parle des disparus avec tendresse, parfois même avec humour.
La dégustation de la brioche des morts. Le pan de muerto, pain sucré et parfumé que l’on prépare spécialement pour cette fête, se partage en famille. Le goûter ensemble, c’est entrer dans la tradition par le goût.
La musique mexicaine. Pour mettre de la vie dans ce moment, des mélodies qui font sourire et réchauffent le cœur.
C’est une façon douce et conviviale de vivre ce passage de la Toussaint : on honore ses ancêtres, on partage un moment avec d’autres, et l’on repart un peu plus léger. Pour Vata, qui a besoin de chaleur, de lien et de réconfort à cette saison, c’est une belle manière de se sentir entouré.
Qu'est-ce que Vata en Ayurveda ?
C'est le principe d'air et d'espace, associé au mouvement. Il gouverne la respiration, la circulation, le système nerveux et l'élimination. Il est naturellement plus présent à l'automne et au début de l'hiver.
Comment savoir si Vata est déséquilibré ?
Les signes les plus fréquents sont l'agitation, la fatigue nerveuse, un sommeil léger, la peau sèche, le froid aux mains et aux pieds, l'anxiété ou le sentiment de dispersion. Si ces signes persistent ou vous inquiètent, parlez-en à un professionnel de santé : l'Ayurvéda viendra en complément et en prévention.
Le massage peut-il aider en cas d'anxiété ou de baisse de moral ?
Le massage ayurvédique à l'huile chaude apaise le système nerveux et procure un vrai réconfort. Il est un soutien précieux en cas de stress, d'inquiétude ou de tristesse passagère. En cas de détresse importante ou durable, il complète très bien un accompagnement médical ou psychologique.
Qu'est-ce que le massage du cœur ?
C'est un soin lent et enveloppant, proposé par Julien, qui vise à apaiser le cœur et à procurer un ressenti de sécurité profonde. Il s'adresse à celles et ceux qui traversent une période de fatigue émotionnelle, de manque ou de deuil.
Quel massage choisir à l'automne ?
Un massage à l'huile chaude, lent et enveloppant est particulièrement adapté. Nos praticiens vous conseilleront selon vos besoins et votre sensibilité.
La fête des morts est difficile pour moi, que faire ?
Accordez-vous du temps, sans pression. Un rituel simple, une marche, un moment de silence ou un échange avec un proche peuvent aider. Si le chagrin est très lourd ou ancien, n'hésitez pas à vous faire accompagner par un psychologue ou un thérapeute.
L'automne est la saison de Vata : mouvement, vent, légèreté, mais aussi sécheresse et dispersion. La Toussaint, Samhain, le Día de Muertos et les rites indiens des ancêtres nous rappellent la même chose : ce temps de seuil est fait pour la mémoire, l'intériorité et le lien avec ceux qui nous précèdent. Entre ciel et terre, cet indéterminé n'est pas à combattre, c'est un passage à habiter. Chaleur, régularité, ancrage et toucher bienveillant sont les meilleurs alliés de Vata.
